Pierre PAPALOIZOS est né en Egypte, au Caire, le 28 juillet 1927 d’un père grec de religion orthodoxe et d’une mère catholique d’origine italienne.
Il grandit au sein d’une famille nombreuse ouverte et chaleureuse où se parlent le grec, l’italien, le français et l’arabe. On y mélange, sans heurts, les langues et les différentes traditions religieuses.
Pierre Papaloïzos fait ses études , jusqu’au baccalauréat, dans un lycée français du Caire ; il montre très tôt des dispositions marquées pour le dessin et son père lui fait donner des cours particuliers pendant plusieurs années.
Il vient à Paris, en 1946, entre aux Beaux-Arts dont l’enseignement ne lui convient pas, il préfère se former dans différents ateliers de peinture. Il fréquente assidûment l’atelier de Souverbie (1947-1948) de Lhote (1948-1949) et de F. Léger (1949-1950).
Cependant il se sent de plus en plus attiré par la sculpture à laquelle il décide de se consacrer et travaille auprès du sculpteur Hajdu de 1950 à 1955.
Parallèlement il apprend l’art de la poterie, modèle et tourne la terre à la main et devient céramiste.
Grâce à son charisme et à sa générosité, il noue de nombreuses amitiés à la Cité Universitaire où il réside à la Fondation hellénique de 1947 à 1952. Toutefois la chaleur d’une famille lui manque, il la trouve auprès d’une famille amie dont il épouse l’une des filles en 1954. Ils auront deux filles.
Pour subvenir aux besoins de sa famille, Pierre Papaloïzos entreprend une formation de plâtrier en 1958 et travaille comme ouvrier plâtrier de 1958 à 1960. A partir de 1960 il peut arrêter ce travail si pénible pour lui, et se remettre à la sculpture. Avec sa famille, il emménage, en 1961, dans une maison de Saint-Germain-en-Laye, il y installe son atelier où il travaillera jusqu’à sa mort.
Il travaille assidûment, d’abord la terre et le plâtre, puis le fer et l’acier en écoutant, en permanence, de la musique classique et contemporaine. Il ne fait partie d’aucun groupe artistique et, solitaire, ne sait pas se créer d’utiles relations qui pourraient l’aider à faire connaître son œuvre. Il conçoit ses sculptures sans les dessiner au préalable. Il cherche, inlassablement, les relations subtiles qui unissent les différentes parties d’un visage, d’un paysage, d’une œuvre pour constituer un tout harmonieux. C’est ainsi qu’il écrit, en 1953, « je pense beaucoup aux moyens d’accorder deux parties différentes comme les plis des lèvres et les sourcils dans des formes qui sont de la même espèce…chaque partie du corps commence très loin ; l’oreille ,par exemple, n’est pas collée au bout de la mâchoire, c’est comme un aboutissement de la joue, de la nuque, du cou qui se métamorphose en coquillage. *Il détruit toute pièce qui ne correspond pas pleinement à ses exigences.
Il anime également, dès 1968, des ateliers de poterie dans différentes M.J.C. car il aime transmettre, en particulier à des enfants, son plaisir de modeler la terre.
A partir de 1965, il participe à de nombreux salons et à des manifestations artistiques, il fait sa première exposition personnelle, avec le peintre Jules Kilcher, en 1969 à Saint-Germain-en-Laye.
C’est à l’hôpital où il décède le 13 avril 1978, qu’il apprend que son projet pour une grande sculpture à Nouméa a été choisi.